20 février 2007

Irlande, un pays en crise.

Situation géographique :

L'Irlande est une île partagée en deux parties : le Nord (l'Ulster) qui a son siège à Belfast et le Sud gouverné par Dublin, partie pauvre du pays surtout à l'ouest.
L’Irlande se situe à côté de la Grande-Bretagne.

Problèmes de fond :

En 1169, les Britanniques décident de se rendre en Irlande sous prétexte d’évangéliser l'île, mais ils y découvrent une société celtique qui n'est pas païenne et qui ne se laisse pas faire. Le peuple se révolte, mais face à la puissance de l'Angleterre, il perd tous ses droits. C'est ainsi qu'en 1215, les Irlandais ne sont plus autorisés à pratiquer leur culture gaélique traditionnelle. A partir de 1534 l'Angleterre convertie au protestantisme leur interdit les messes en latin et confisque toutes leurs terres pour les redistribuer à des colons anglais protestants, tout ce qui était à l'Irlande appartient maintenant à l'Angleterre. En 1641, les paysans catholiques d'Ulster se révoltent et réclament leurs terres, il y a alors 12’000 colons massacrés, l'Angleterre riposte et gagne. Ainsi encore plus de terres leur appartiennent. En 1695, ils ôtent leurs derniers droits civiques et religieux aux Irlandais, ceux-ci ne peuvent même plus être instruits sous peine de mort. En 1739, c'est la famine causée par la maladie de la pomme de terre, premier aliment de la population. Les Irlandais tentent en vain de se soulever, mais l'Angleterre reste souveraine, elle devient le Royaume-Uni et prend toutes les décisions à la place de ceux-ci. En 1846, les propriétaires non résidants imposent de nouvelles taxes aux Irlandais et les obligent à vendre leur blé. Suite à une mauvaise récolte de la pomme de terre, une nouvelle famine survient en 1848, elle sera dévastatrice et tuera 1.3 millions d'Irlandais et favorisera la fuite de 1.4 millions vers l'Amérique ou l'Australie. L'Angleterre se résout à redonner des terres à l'Irlande et considérer une Irlande libre "Home Rule" (1912). La possession des terres des Irlandais passe de 5% à 65%. L'Irlande se scinde en deux parties, le Sud et l’Ulster, les catholiques et les protestants, qui veulent rester sous domination anglaise. Une guerre civile est évitée de justesse avec un but commun celui de résister aux Allemands (c'est la première guerre mondiale). Le 24 avril 1916, un groupe extrémiste de l'IRA prend d'assaut Dublin et proclame la République, c'est le début d'un sentiment national pour les Irlandais. Débute ensuite la guerre pour l'indépendance, et le 6 décembre 1921, à la suite de nombreux massacres des deux camps, le traité de Londres proclame l'Irlande du Sud comme un état indépendant : l'Eire. L'Irlande du Nord reste attachée au Royaume-Uni. Mais cette solution n'est que partielle, de nombreux catholiques habitent dans cette région et désirent les même droits que les protestants, ils sont sujets à de nombreuses discriminations. En 1969, l'armée britannique est forcée d'intervenir pour calmer les violentes bagarres entre protestants et catholiques. C'est le début de l'internement sans procès de personnes suspectées de terrorisme appartenant à l'IRA, qui s'est scindé en deux, et qui a comme but d'user de la force pour obliger les Britanniques à s'en aller. Tout ceci entraîne une violence sanglante comme notamment le 30 janvier 1972 où 13 civils ont été tués par des soldats britanniques (Bloody Sunday). L'autre partie de l'IRA vise un but plus politique et utilise le Sinn Fein comme porte-parole. Depuis ces dates la situation est en un point critique et de non-retour, d'un côté l'IRA qui veut une Irlande libre et catholique avec les mêmes droits pour tous, de l'autre les protestants anglais qui veulent rester avec leurs statuts actuels, tout ceci baigné dans le sang et les larmes. Aucune solution n'est apparue à ce jour qui convienne à tout le monde, les extrémistes armés restent sur leurs positions, ni les grèves de la faim des héros politiques catholiques, ni le mouvement des femmes pour la paix.

Une haine nourrie au fil des siècles :

Dès le début de son histoire, l'Irlande est sous domination. Tout d'abord celle des Anglais: ils ont conquis ce territoire qui n'était pas à eux, de manière brutale, ils ont ravagé des régions, les ont vidées de leurs habitants pour les repeupler avec des anglais protestants, puis ils ont imposé leur culture. Les Irlandais ne pouvaient plus acheter, recevoir des héritages ou même voter, ils étaient interdits de tout, subissaient toutes sortes d’injustices, étaient défavorisés (ils ne possédaient que 14% des terres pour 3/4 de la population), ils ne pouvaient même plus et surtout plus pratiquer leur culte et leur rite librement. A ceci s'est mêlé une grande misère : contraints à la famine qu'a produite le mildiou sur la pomme de terre, ils ne trouvaient plus rien à manger, ce qui a renforcé leur haine à l'égard des Anglais qui leur volaient leur blé puisqu'ils étaient obligés de le leur vendre pour payer leur taxes et pouvoir rester chez eux. Les ressources naturelles que possède l’Irlande sont peu nombreuses : la pomme de terre et le blé sont les principaux aliments. Les revenus sont essentiellement agricoles, il existe cependant quelques ateliers textiles au Nord du pays, mais de manière générale l’industrie reste sous-développée et en insuffisance pour éviter la catastrophe. Celle-ci pousse les Irlandais a quitter leur pays pour de nouveau horizons tel que l’Amérique.
Le contexte politique, social et psychologique dans lequel le peuple irlandais évolue est marqué par l’oppression, la discrimination raciale et la servitude. De plus les catastrophes naturelles qui ont ravagé leur pays, ont renforcé leur haine et leur envie de révolte. Ce qui a incité la rébellion des Irlandais face aux Anglais. Le terrorisme et les attentats actuels résultent de ce sentiment de haine et de terreur.

Lexique des grands opposants :

L’Angleterre :

UDA: Ulster Defence Association
Principale organisation paramilitaire protestante d’Irlande du Nord.

L ‘Irlande :

IRB : Irish Repulican Brotherhood (fraternité Républicaine Irlandaise)
Organisation révolutionnaire déterminée à lutter pour une république démocratique indépendante et souveraine.

IRA: Irish Republican Army (armée républicaine irlandaise.)
Le principal groupe paramilitaire catholique.


16 février 2007

Jameson Film Festival


Le 5e Festival international du film de Dublin sponsorisé par Jameson se tiendra du 16 au 25 février. Cette année encore, la programmation nous emmène autour du monde avec des réalisateurs plus ou moins connus. Pour ne citer qu’eux, vous pourrez retrouver Soderbergh, Bertoclucci, Mira Meir, sans oublier les Français Danielle Thomson pour Fauteuils d’Orchestre ou Patrice Leconte pour Mon Meilleur Ami. Une très grande variété de genres, d’époques, de formes. Steve Mc Queen, John Malkovitch, Daniel Auteuil…, ils seront tous là.
En marge de ce festival, les organisateurs ont souhaité accentuer le caractère international en créant le World Cinema Panorama. Il s’agit de présenter des films des quatre coins du monde, de Taïwan à la Finlande en passant par la Nouvelle Zélande. Sponsorisées par Chartbusters, ces diffusions quotidiennes invitent les spectateurs à de nouvelles rencontres.
Enfin, et pour la première fois, le Festival se dote d’une récompense, the Voltas, du nom du premier cinéma ouvert en Irlande, sur Mary Street en 1909, d’après l’idée de… James Joyce. Ce trophée récompensera une personne qui a marqué l’histoire du cinéma.
réservations dans les cinémas participants
: Cineworld, IFI, Screen et Savoy
ou sur le site :
http://www.dubliniff.com

dublin news

Internet – Dublin bientôt en wireless ?-
Les Dublinois vont pouvoir se réjouir si le projet du Conseil Général de Dublin d’équiper la ville de wireless est finalement adopté. Cela signifierait la possibilité de se connecter sur internet partout en ville, que ce soit dans un parking, un bus, un café ou simplement sur un banc. Des spécialistes ont été consultés quant aux modalités juridiques, techniques et financières d’application. Bon nombre de villes européennes ont déjà un équipement WiFi (souvent privé). Les résultats des études menées ne seront pas révélés au Conseil avant juin. La décision d’équiper Dublin, compte tenu de l’étendue de la ville, devrait coûter entre 12 et 20 millions d’euros. Ce service ne serait pas uniquement accessible aux résidents mais aussi à toute personne de passage. Par ailleurs, le Conseil ne pense pas faire de concurrence aux compagnies commerciales d’accès internet déjà existantes, le réseau et la connexion étant amenés à être moins fiables et moins rapides qu’un accès de type haut-débit souscrit dans les entreprises ou à domicile. (www.lepetitjournal.com) Dublin – vendredi 2 février 2007

Transports – Un nouvel aéroport en Irlande pour les vols transatlantiques.-
L’aéroport de West Ireland situé à Knock Co. Mayo a annoncé l’ouverture dès cet été de liaisons aériennes à destination de New York JFK et Boston. La compagnie Flyglobespan qui opérera ces vols est écossaise et compte embarquer 35.000 touristes américains sur ses vols, soit un apport financier d’environ 28 millions d’euros en un an pour les seules régions de l’ouest et du nord ouest. Avec une population locale qui augmente plus rapidement que la moyenne nationale, la région ouest espère devenir le nouveau point d’attraction du pays pour les touristes américains, notamment grâce à son aéroport accessible et à taille humaine. La destination est d’autant plus intéressante que Knock est un lieu de pèlerinage pour les Catholiques, depuis l’apparition de la Vierge
en 1879, St Joseph et St Jean. La compagnie écossaise compte opérer trois liaisons par semaine à partir du 27 mai pour un prix minimum de 139€ hors taxes pour un aller. (www.lepetitjournal.com) Dublin – vendredi 2 février 2007

Trafic – Ca ne va pas s’arranger !-
Depuis que le centre ville est "débarrassé" de ses camions suite à la mise en service du tunnel, les automobilistes pensaient pouvoir circuler aisément en ville. Qu’ils en profitent car cela ne va pas durer. En effet, dès le 19 février et afin de faciliter les trajets des bus au centre ville, le Conseil Général de Dublin a décidé de réduire à une seule voie pour les voitures Ellis Quay et Arran Quay en instituant une voie de bus. Plus à l’Ouest, à l’embranchement entre Heuston Station et la Military Road,
une autre voie de bus sera réservée. Bien sûr, à terme, tous les quais seront équipés de voies de bus. Les 14.000 passagers empruntant les bus entre 7 et 10 heures le matin devraient voir leur temps de trajet réduit de 20min. Aux heures de pointe, 1.600 véhicules transitent par les quais, dont 200 bus. (www.lepetitjournal.com) Dublin – vendredi 2 février 2007


Finances – 290 millions de livres irlandaises toujours en circulation
Cinq ans après le passage à l’euro, la Banque Centrale reçoit encore quotidiennement environ 50 personnes venant changer leurs livres irlandaises. En 2002, la Banque Centrale s’était engagée à procéder au change sans limite de temps. On estime à 378 millions € le montant de livres irlandaises encore non échangées, dont un tiers en pièces. Cela représente 8% de la masse monétaire en livres de l'époque. La Banque Centrale pense que cette somme ne sera jamais changée. Les clients viennent de toute l’Irlande, parfois même de l’étranger profitant d’un retour aux sources. D’autres justifient leur dépôt avec des histoires de sacs à main retrouvés dans les greniers, contenant quelques pièces. Quant aux entrepreneurs, ils retrouvent au cours des démolitions des billets collés sous les papiers peints ou des pièces cachées sous les parquets. Matelas dans des containers, caissettes dans les jardins, autant de cachette pour les heureux propriétaires. En revanche, au-delà de 3.800€, l’argent doit être déposé sur un compte en banque. Céline Leoni (lepetitjournal.com) Dublin – mardi 13 février 2007

Tourisme – les Cliffs of Moher plus touristiques que jamais
Le Premier Ministre Bertie Ahern a inauguré la semaine dernière le nouveau Centre pour Visiteurs des falaises de Moher avec ces mots : "océan, falaises, nature et l’homme…une cathédrale géante sur notre côte ouest". Le nouveau centre construit sous terre aura coûté 31,45 millions €. Les très impressionnantes falaises de Moher sont l’un des sites touristiques les plus visités en Europe et ont accueilli plus d’un million de visiteurs l’année dernière. Elles s’étendent sur 8 km de côte avec une hauteur de 214 mètres. Ce site abrite quelques 30.000 oiseaux de 29 espèces différentes. Le Conseil Régional du comté de Clare a d’ailleurs demandé l’inscription du site au patrimoine de l’Unesco, en même temps que la région du Burren. Céline Leoni (lepetitjournal.com) Dublin – mardi 13 février 2007

Sport – les supporters se tiennent bien
Suite au match France-Irlande de dimanche, les services de police dublinois se disent très satisfaits du comportement des supporters et des automobilistes aux abords du stade de Croke Park. Seule une arrestation est intervenue et elle n’était pas en relation avec le match. L’arrivée et le départ des 81.000 supporters ont été étroitement organisés et surveillés par les forces de l’ordre, deux parkings ayant été mis à disposition. Un certain nombre de bus étaient également disponibles sur l’ère de Mountjoy Square, bus qui desservaient les quartiers du sud de l’agglomération. Malgré une circulation chargée, aucun incident n’a été signalé. De l’avis de tous les intéressés, propriétaires de pub ou supporters, l’ambiance était la même que celle des matchs joués à Lansdowne Road. Et tout le monde était ravi que Croke Park puisse accueillir un match de rugby. Opération en tous points réussie ! Céline Leoni (lepetitjournal.com) Dublin – mardi 13 février 2007


11 février 2007

DUBLIN +

Dublin +++

Bus DART (tarifs élevés!) les bus à Dublin sont soit en retard soit en avance et il y à toujours des bus, (presque toute les heures ... ça dépend si le chauffeur ne s'est pas endormi au fond du pub ...!! ) en direction des grands axes, donc voyager en bus et en train n'est pas un problème c'est même un avantage car les tarifs des compagnies de bus sont differents selon la compagnie ... perso j'adore Bus Eirann, toujour à l'heure! .......Vous vous ètes endormi dans le car en direction d'une grande ville ???... pas de problême si vous continuez à dormir comme une larve alors que le bus est à votre arret , le chauffeur qui se souvient de vous (grace à votre accent frenchy!!!) va gentilment demander à un passager de vous réveiller , c'est pour ça qu'en Irlande il ne faut pas avoir peur de parler avec les gens, cela peu vous rendre service....

office de tourisme de dublin : andrew's street
tel : 1850-230-330 ou 1800-668-668

L'Ambassade de France en Irlande
36 Ailebury Road Dublin 4
Tél : 01 277 5000. Fax : 01 277 5001
http://www.ambafrance.ie a


pour connaitre les fetes du moment ou les bonnes soirées à faire rien ne vaut "the event guide"...aller le chercher au Virgin méga store ...

pour dormir à dublin il faut tout de suite oublier le camping !!!! sinon c'est direct 20 BORNES DE MARCHE .......!
donc la solution la plus fiable et la moin coûteuse reste les An oige (auberge de jeunesse).

la plus cool et paisible : Kinlay house

les plus pres du centre : barnacles Temple Bar House (rue cecilia )
the olivier St jhon gogarthy's (anglesea steet)

les deux dernieres auberges se trouvent au sein du quartier le plus populaire de Dublin et le plus vivant avec pas moin de 5 pubs qui ont gagné la guinness cup ... !! whaou ca veut rien dire pour nous ! mais pour les irish c'est un pub qui fournit de la bonne biere donc de confiance !!! ( la biere, la biere ! mais qu'est ce qu'elle à fait de moi la biere ..... ! ).

maps

histoire de l'irlande

Autrefois habitée par les Gaels (pictes et/ou erainn), l'Irlande n'a pas connu l'invasion romaine.
Des aventuriers irlandais (Scots) sortent piller les côtes britanniques voisines.
C'est St-Patrick qui va évangéliser le pays. Avec l'arrivée du christianisme, c'est une brillante civilisation qui va s'y développer et gagner toute l'Europe. Cette civilisation attire bien des convoitises, après les incursions vikings, ce sont les anglais qui vont tenter de s'implanter. Leur titre de Seigneur d'Irlande (Lord of Ireland) reste très théorique et leur pouvoir ne concerne vraiment que la région de Dublin. L'Irlande reste une nation celtique et pratiquement indépendante jusqu'au XVe siècle, lors de l'avenement des Tudors. Elle perd toute autonomie politique et ses meilleurs terres sont concédées à des colons protestants anglais et ecossais. C'est sous le règne de Cromwell que l'Irlande entame ses plus tristes années. Cette double main mise politique et économique coïncide aussi avec la Reforme en Grande-Bretagne et les Irlandais catholiques se sont obligé de reconnaitre l'anglicanisme comme religion officielle dans leur pays. Dès lors en Irlande, toute lutte nationale (contre l'occupant anglais) ou sociale (contre les propriétaires fonciers) prendra également une teinte confessionnelle. Expropriations, déportations et violations très diverses sera le lot des irlandais jusqu'à la grande famine du XIXe siècle, au profit de colons britanniques protestants et loyalistes. Par l'Acte d'Union de 1801, Angleterre et Irlande deviendront United Kingdom of Great-Britain and Ireland, mais l'Irlande n'en reste pas moins gérée comme une véritable colonie.

Au début du XXe siècle, le nationalisme irlandais se durcit et un mouvement, le Sinn Fein, prône l'indépendance totale. En 1912 l'Angleterre accepte les Home Rules. La Première Guerre Mondiale repousse l'échéance de leur application. La minorité anglicane de l'Irlande, qui tire profit de la misère irlandaise, ne veut absolument pas des Home Rules et fait pression sur le gouvernement britannique contre ce projet, qui n'aboutit pas. Les Irlandais se sentant trahis, décident d'obtenir l'indépendance par la force et préparent un soulèvement pour Pâques 1916.

Pâques sanglantes

L'effet de surprise est total, les insurgés irlandais s'emparent de plusieurs points stratégiques, notamment la Poste Centrale de Dublin. Patrick Pearse lit à une foule étonnée la déclaration d'indépendance de la République d'Irlande. La repression s'organise rapidement et les issurgés sont défaits. Ce soulèvment mal préparé aura fait 500 victimes, principalement civiles. Les autorités britanniques condannent à mort les insurgés et fusillent aussitôt les sept signataires de la proclamation d'indépendance. Mais la dureté de cette répression va rapidement transformé cet échec d'insurrection, en victoire politique. Aux élections de 1918, le Sinn Fein emporte plus des trois quarts des votes à la Chambre des Communes. Refusant d'aller à Westminster, les députés irlandais se réunissent à Dublin et adoptent la Constitution provisoire de la Republique d'Irlande.

Les britanniques refusent bien entendu de reconnaitre ce pseudo-gouvernement, une véritable guérilla oppose les troupes anglaises aidés des extremistes loyalistes, aux irlandais, qui se regroupent dans l'Armée Républicaine Irlandaise (Irish Republican Army -IRA-). En 1921, les britanniques décident de diviser l'ile en deux parties, le sud devient l'Etat Libre d'Irlande, avec statut de dominion britannique et les six comtés du nord-est restent dans le Royaume-Uni. Ce traité de Londres rejetant l'indépendance totale et entérinant la partition de l'ile, est refusé par les Irlandais et dès 1922, une lutte armée s'engage contre l'occupant britannique, et se solde par un échec.

La République d'Irlande

Les Républicains fondent un nouveau parti, le Fianna Fail (les soldats de la destinée), qui remporte les élections générales de 1932. De Valera, le représentant des Fianna n'a cesse de rompre progressivement tous les liens rattachant l'Etat Libre d'Irlande au Royaume-Uni, et modifie la Constitution en donnant à l'Etat Libre, le nom d'Eire, Irlande en gaëlique. En 1948, le Clann na Poblachta (pati du peuple) décide de donner au pays le nom de "Republique d'Irlande" symbolisant la rupture définitive et totale avec la monarchie britannique. Le 18 avril 1949, lundi de pâques en souvenir de la révolution de 1916, naît officiellement à Dublin la République d'Irlande.

Le nouveau gouvernement fait énormément d'efforts pour le redressement économique de l'Irlande et poursuit la politique d'indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, mais ne peut empêcher l'impérialisme britannique de continuer de se manifester sur le plan économique et sur le plan culturel. Un accord de 1965, institue pratiquement le libre-échange entre les deux pays. Seul le rattachement de l'Irlande au Marché Commun, va lui permettre une réssurection et d'avoir une indépendance économique sans précédent.

L'Europe

En 1973, après une adhésion retardée, c'est avec enthousiasme que l'Irlande rejoint l'Europe avec 81% de "oui" au référendum. Les effets bénéfiques de l'Europe communataire ne tardent pas à se faire sentir, notamment l'augmentation des exportations agricoles à des prix plus élevés, affux de capitaux extérieurs, subventions de la CEE et diminution de l'influence britannique dans les échanges irlandais. Dublin précise en 1974, que son engagement européen est "irrévocable". En 1975, en visite à Paris le ministre irlandais des affaires étrangères déclare que l'adhésion de la République d'Irlande au Marché commun, marque la vrai fin de la période coloniale en Irlande.

Si l"Europe a permis à l'Irlande d'exister, ce sont maintenant les investissements américains qui entraîne uns véritable explosion économique dans l'île. A tel point que l'économie irlandaise a été nommée le "Celtic Tiger". Cette dynamique irlandaise est aujourd'hui motrice dans le développement économique de ses voisins, notamment pour le nord de l'île, mais aussi pour l'Angleterre. De nos jours beaucoup d'Irlandais du nord viennent travailler en Irlande du sud, ce qui est un véritable bouleversement et une grande opportunité pour la paix dans ce pays.

L'Irlande du Nord

L'Irlande du Nord restera incluse dans le Royaume-Uni avec les conséquences que l'on connaît. En 1972, dans le Bogside de Derry les parachutistes britanniques tirent sur la foule faisant une véritable écatombe qui sera immortalisée sous le nom du Bloody Sunday. Sunday, Bloody Sunday repris par le groupe irlandais U2.
Après 22 mois d'intenses négociations, un accord est signé le 10 avril 1998 et laisse entrevoir un espoir de




Histoire de l'IRA

1606
12 avril

Le Royaume-Uni adopte "l'Union Jack"


Le roi Jacques Ier, fils de Marie Stuart, instaure "L'Union Jack" comme drapeau officiel du royaume d'Ecosse et d'Angleterre. Il est composé des croix de Saint-Georges, patron de l'Angleterre, et de Saint-André, patron de l'Ecosse. La croix de Saint-Patrick sera rajoutée lorsque l'Irlande rejoindra le royaume en 1800.

1913

25 novembre

Formation de la milice Irlandaise des Irish Volunteers


La milice Irish Volunteers se forme en Irlande pour défendre le projet "Home Rule" destiné à accorder plus d’autonomie au pays vis-à-vis de la couronne d’Angleterre. Elle participera aux Pâques sanglantes en 1916 et se fondera en 1919 dans l’IRA.
Voir aussi : Histoire de l'IRA - Emeutes - Histoire des Coups d'Etat - Histoire du Royaume-Uni - Histoire de l'Irlande - Le 25 Novembre - Année 1913



1916

23 avril

L’insurrection irlandaise de Pâques


1 200 membres des Irish Volunteers, une armée irlandaise clandestine luttant pour l'autonomie de l'Irlande, se révoltent le lundi de Pâques et investissent les places et les monuments Dublin. Les Anglais envoient 20 000 soldats et soumettent la ville au feu de leur artillerie. 60 insurgés et 150 soldats anglais trouveront la mort. En 1919, les Irish Volunteers s'incorporeront dans l'Irish Republican Army (IRA).



1919

21 janvier

La fondation de l'IRA


Liée au Sinn Fein, l’Armée républicaine irlandaise naît dans le contexte de la guerre civile d’indépendance en Irlande. Elle mène des actions violentes contre les britanniques afin de les obliger à rendre une autonomie totale au pays. Lorsque l’indépendance de l’Irlande sera décrétée, l’organisation s’amoindrira. Elle reprendra toutefois les armes pour combattre en faveur des Catholiques d’Irlande du Nord et pour la réunification de l’île.



1920

20 novembre

Michael Collins exécute des britanniques


À la tête de l’IRA, Michael Collins fait exécuter quatorze agents britanniques. Les représailles seront particulièrement violentes, coûtant la vie à plusieurs dizaines de spectateurs innocents venus assister à un match de football. La grève de la faim qu’entamera Terence Mac Swingey, maire de Cork emprisonné le mois précédent, ne rétablira pas la paix et aboutira à sa mort. Le cercle vicieux de la violence se forme et rongera le pays durant de nombreuses années.



1922

22 août

Assasinat de Michael Collins


Le président du gouvernement provisoire de l'Etat libre d'Irlande, Michael Collins, est tué dans une embuscade tendue par l'Armée républicaine irlandaise (IRA). Quelques mois plus tôt, le traité de Londres avait officialisé la partition de l'Irlande : 6 comtés (Ulster) demeuraient dans le Royaume-uni, tandis que les 26 autres formaient l'Etat libre d'Irlande. Mais, la majorité de l'IRA étant opposée au traité, la guerre civile éclata.



1939

28 juillet

La Grande-Bretagne réplique à l’IRA


La Grande-Bretagne adopte une loi visant à justifier juridiquement sa lutte contre les membres actifs de l’Armée républicaine irlandaise. Cet événement suit de près l’ultimatum qu’avait envoyé l’organisation à l’Angleterre quelques mois plus tôt. Elle exigeait alors le ralliement immédiat de l’Ulster au gouvernement irlandais. Les Britanniques ne cédèrent en aucun point, ce qui provoqua de nombreux attentats dont beaucoup visèrent Londres.



1949

18 avril

Proclamation de la République d'Irlande


L'Irlande rompt son lien avec le Commonwealth britannique et proclame la République d'Irlande ou Eire. Les 2 principaux partis politiques de la nouvelle république sont le Fianna Fáil et le Fine Gael, tous 2 conservateurs. Depuis 1969, la République d'Irlande est confrontée au problème de l’Irlande du Nord ou Ulster: traditionnellement favorable aux revendications des catholiques de Belfast pour la réunification de l’Irlande, elle ne peut approuver les actions terroristes de l’IRA.



1970

L'IRA se divise


Très violentes, les méthodes employées par l’IRA ne font pas l’unanimité parmi les membres de l’organisation. Cette dernière se divise donc en deux entités politiques, l’une terroriste, et l’autre non-violente. La première se surnomme l’ « IRA provisoire », tandis que la seconde prend la dénomination d’ « IRA officielle ».



1972

30 janvier

Bloody Sunday en Irlande du Nord


Au cours d'une émeute à Derry, en Irlande du Nord, treize civils sont abattus par des parachutistes de l'armée britannique. En réponse, le 22 février, l'Armée républicaine irlandaise (IRA) fera exploser le mess des officiers parachutistes d'Aldershot en Angleterre, provoquant la mort de six civils et d'un militaire.



1974

juillet

L’IRA « provisoire » est interdite


Le gouvernement britannique déclare l’IRA « provisoire » officiellement illégale. Depuis des années, elle organise des attentats terroristes aussi bien en Irlande, en Ulster, qu’en Angleterre. L’organisation n’est pas particulièrement affectée par cette déclaration et poursuivra ses actes de violences.



1979

27 août

Mountbatten assassiné par l'IRA


L'amiral britannique Mountbatten et deux autres personnes sont mortes dans l'explosion du bateau de pêche "Shadow V", au large de Mullaghmore (Irlande). Mountbatten, cousin de la reine Elisabeth II, était devenu un héros national lors de la guerre en Birmanie. L'attentat a été perpétré par l'Irish Republican Army (IRA), une organisation nationaliste irlandaise, créée en 1919, qui lutte contre la présence britannique en Irlande.



1981

5 mai

Mort des militants de l'IRA en grève de la faim


Bobby Sands, 27 ans, meurt dans sa cellule de Long Kesh (Irlande du Nord) après 66 jours de grève de la faim pour obtenir le statut de prisonnier politique. Il fait parti des 10 prisonniers, militants de l'Irish Republican Army (IRA), grévistes de la faim, qui mourront entre le 5 mai et le 20 août. 100 000 personnes assisteront à ses funérailles et de violentes émeutes éclateront en Irlande du Nord. Le gouvernement de Margaret Thatcher finira par satisfaire les revendications des prisonniers.



1994

30 août

Cessez-le-feu de l’IRA


Depuis des années, les membres des gouvernements britannique et irlandais tentent de trouver une solution aux conflits de l’Irlande du Nord. Un premier espoir apparaît enfin lorsque l’IRA annonce un cessez-le-feu sans limitation dans le temps. Suite à cette déclaration, les troupes extrémistes protestantes suspenderont également leurs activités armées. Toutefois, L'IRA organisera de nouveaux attentats à peine deux années plus tard.



1995

22 février

Les prémices d’un processus de paix en Irlande du Nord


John Bruton et John Major mettent au point un accord anglo-irlandais susceptible d’améliorer la situation en Irlande du Nord. Cette rencontre émane d’un processus de paix déjà engagé l’année précédente entre Albert Reynolds et Major. Les deux hommes politiques acceptaient alors la participation du Sinn Fein aux négociations si l’IRA renonçait aux armes.



1998

10 avril

Signature des accords pour la paix en Irlande du Nord


Les négociations entre les dirigeants britanniques, irlandais, le Sinn Fein et le parti protestant de David Trimble aboutissent à l’accord de Stormont. Ce dernier préconise une administration quasi-commune des deux Irlandes dans certains domaines, la mise en place d’un gouvernement semi-autonome en Ulster ainsi qu’un vote démocratique de la population de l’Irlande du Nord au sujet de la position politique de l’Ulster. L’IRA est plutôt favorable à ces compromis mais le processus engagé s’avèrera long et périlleux.



2002

14 octobre

La suspension du gouvernement d’Irlande du Nord


Le gouvernement britannique reprend le contrôle des institutions d’Irlande du Nord. Le gouvernement semi-autonome du territoire, dirigé par David Trimble, fut instauré en 1999, suite à l'accord de Stormont. Lorsque des membres du Sinn Féin sont accusés d’espionnage pour le compte de l’IRA, la réaction londonienne est immédiate et sans appel.



2005

28 juillet

L’IRA dépose les armes


L’IRA déclare qu’elle n’usera plus des armes pour atteindre ses objectifs politiques d’unification du pays. Elle préfère suivre la voie démocratique par le biais de sa branche du Sinn Fein. La destruction définitive de son arsenal tarde toutefois à s’accomplir.

Bloody Sunday, où, Le Monde Changea De Face En Irlande Du Nord

Le 30 janvier 1972, à Derry en Irlande du Nord. Le député local Ivan Cooper prépare la grande marche pacifique qui doit rassembler le mouvement pour les droits civiques et, de ce fait, tous les catholiques de la ville. Entre les jeunes qui lanceraient bien quelques pierres sur les soldats anglais et l’IRA qui prône le recours à la force, pas évident d’éviter les débordements. Et l’histoire étant connue car authentique, la manifestation va se terminer dans l’horreur lorsque les officiers de sa gracieuse majesté vont tirer à balles réelles sur des civils.

Pourtant tout commença très bien. La manifestation pacifique part du bourg, direction l'hotel de ville. Mais arrivé à proximité de l'hotel de Ville, le convoie, dirigé par Ivan Cooper, refuse de s'opposer au militaire britanique, et décide de changer de direction. Mais un petit groupe se détache, et va affronter les militaire. jusqu'à ce que les para-britanique tire à balles réélle sur les manifestants. Et là, c'est le début du drame. Les militaires sortent et tirent sur tout le monde, pour objectif, d'arrêter 500 personnes, et la présence de l'IRA. Précense qui est aujourd'hui non confirmé par le chef de l'IRA, "J’ai parlé avec le commandement et tous les volontaires de service actif ce jour-là, et j’ai relayé la décision prise par l’officier commandant (de l’IRA)", a déclaré M. McGuinness, commandant en second de l’IRA à Londonderry à cette époque. Le compte-rendu doit être rendu en 2004.

Le paradoxe pour l'armée Britanique, c'est qu'aucunes armes ont été retrouver se jour là, sur les 14 corps des innocents morts et des des 13 blessés.

Aujourd'hui encore, aucunes lumières n'aient venu nous éclairer pour comprendre pourquoi l'armée a telle fait un bain de sang ce dimanche 30 Janvier 1972. 32 ans après, malheureusement, cette évènement est de moin en moins connu, comble pour LA catastrophe la plus grave lors des troubles en Irlande. Cette guerre qui opose toujours l'IRA aux britaniques, aurait fait 3000 morts.

Le 30 octobre 2002, Paul Greengrass réalise un film sur cet évènement. Oscarisé d'un Ours d'Or, ce film raconte cette tragédie sous la forme d'un documentaire, caméra à la main. Nous retrouvons les prémices du débordements, en écoutant les militaires parler. Ce très beau film est a voir au moin une fois dans sa vie. pour connaître une partie du conflit en Irlande du Nord, mais aussi, pour voire la barbarie de l'époque.

Combien de temps, combien de temps devrons-nous chanter cette chanson ?, ou plutôt, devrions nous pas dire, "Combien de temps, combien de temps avant que cette tragédie passe dans l'oublie", car même le 30 janvier, pas un seul petit reportage aux informations nationals, rien, que dire à part que c'est la honte.


SUNDAY BLOODY SUNDAY

I can't believe the news today
I can't close my eyes and make it go away
How long, how long must we sing this song ?
How long ? Tonight we can be as one
Broken bottles under children's feet
Bodies strewn across a dead end street
But I won't heed the battle call
It puts my back up, puts my back up against the wall

Sunday, bloody Sunday
Sunday, bloody Sunday

And the battle's just begun
There's many lost but tell me who has won
The trenches dug within our hearts
And mothers, children, brothers, sisters torn apart

Sunday, bloody Sunday
Sunday, bloody Sunday

How long, how long must we sing this song ?
How lona ? Tonight we can be as one
Tonight, tonight

Sunday, bloody Sunday
Sunday, bloody Svnday

Wipe the tears from your eyes
Wipe your tears away
Wipe your bloodshot eyes

Sunday, bloody Sunday
Sunday, bloody Sunday

And it's true we are immune
When fact is fiction and TV is reality
And today the millions cry
We eat and drink while tomorrow they die
The real battle just begun
To claim the victory Jesus won
On a Sunday, bloody Sunday
Sunday, bloody Sunday

DIMANCHE, DIMANCHE SANGLANT

Aujourd'hui je n'arrive pas à croire les informations
Je ne peux pas fermer les yeux pour que ça disparaisse
Combien de temps, combien de temps devrons-nous chanter cette chanson ?
Combien de temps ? Ce soir, nous pouvons être unis
Des bouteilles brisées sous des pieds d'enfants

Corps qui jonchent un cul-de-sac
Mais je ne tiendrai pas compte du cri de guerre
Je me retrouve le dos au mur, le dos au mur

Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant

Et la bataille vient juste de commencer
Beaucoup sont perdus mais dites-moi qui a gagné
Des tranchées sont creusées dans nos coeurs
Et des mères, des enfants, des frères et des soeurs déchirés

Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant

Combien de temps, combien de temps devrons-nous chanter cette chanson ?
Combien de temps ? Ce soir, nous pouvons être unis
Ce soir, ce soir

Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant

Sèche tes yeux
Essuie tes larmes
Essuie tes yeux injectés de sang

Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant

Et c'est vrai que nous sommes protégés
Quand les faits sont de la fiction et la télé la réalité
Et aujourd'hui des millions de gens pleurent
Nous mangeons et nous buvons tandis que demain ils mourront
La vraie bataille vient de commencer
Pour revendiquer la victoire remportée par Jésus
Un dimanche, un dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant



Voyage

LENDEMAINS DE GUERREQue vive Belfast-la-Neuve !

Après des années de conflit sanglant, la capitale nord-irlandaise reprend des couleurs. Des cafés s'installent dans d'anciennes zones de guerre, des quartiers entiers se métamorphosent et la prospérité est au rendez-vous.



Dans l'esprit de la plupart d'entre nous, la ville de Belfast est encore marquée par les décennies de conflit entre catholiques et protestants et les images de désolation qui ont accompagné ces années de plomb. Qui se douterait, par exemple, que les couches les plus aisées de la population ont un goût immodéré pour les champagnes les plus chers ? Dans une boutique de vins et spiritueux du sud de Belfast, la bouteille de dom-pérignon ne coûte pas moins de 75 livres [105 euros]. "Je n'arrive plus à satisfaire la demande", fait mine de se plaindre le gérant. "Les étagères sont littéralement dévalisées." Certains ont visiblement bien réussi malgré les "troubles", voire, dans certains cas, grâce à eux. Du côté du comté du Down, les rives sud du Belfast Lough sont émaillées de terrains de golf et de yacht-clubs. L'opulence est telle que ce quartier, à l'embouchure du fleuve Lagan, a été rebaptisé la Gold Coast, la rive dorée. Ici comme dans les plus beaux quartiers de Belfast, les maisons les plus cossues se négocient à près de 1 million de livres [1,5 million d'euros] et les BMW et les Mercedes sont monnaie courante. Dans l'enceinte même de la capitale, l'élégance du sud de Belfast a transformé Lisburn Road en terrain de jeu pour les femmes riches du quartier voisin de Malone. Bordée de belles boutiques de luxe, l'avenue a ostensiblement été colonisée par la haute bourgeoisie. Au déjeuner, ces dames sirotent des expressos, pignochent des paninis et taquinent des salades allégées. Les grandes marques sont de rigueur. "Ce qui frappe, ici, c'est la classe", fait remarquer un visiteur de passage. Nombre de ces élégantes rentrent tout juste d'une escapade en Afrique du Sud, et s'émerveillent encore de la modicité des prix de l'immobilier en ces terres australes, où elles envisagent d'ailleurs d'acquérir une maison. D'autres ne font que faire escale dans leur bonne ville de Belfast, entre deux séjours au soleil. L'autre bout de l'avenue, tout près du centre-ville, est investi par les étudiants. Contrairement à leurs aînés, qui dans les années 60 avaient traversé une brève phase contestataire, les étudiants d'aujourd'hui se sont détournés de la politique pour se concentrer sur leurs études et les loisirs. De jour, ils courent d'une salle de classe à une autre, et le soir, comme les résidents de la verte Malone, ils se retrouvent dans des petits coins du sud de Belfast, bien loin des foyers conflictuels de la capitale. Une préoccupation que semblent partager presque toutes les couches de la population. Il y a par exemple ce qu'on appelle ici le "syndrome de Belfast-Est", expression qui désigne le mode de vie des quartiers protestants, dans l'est de la ville. Sans être particulièrement aisés, ces habitants vivent à distance respectable - géographiquement et psychologiquement - des quartiers "à problèmes". Comme beaucoup de leurs compatriotes d'Irlande du Nord, ils parviennent également à échapper aux répercussions économiques des événements. Cette relative prospérité, ils la doivent en bonne partie aux milliards de livres que les gouvernements britanniques successifs se sont employés à injecter année après année dans les rouages économiques locaux. Londres a toujours été, en effet, persuadé qu'il n'y avait d'autre choix que de maintenir même artificiellement une économie dévastée par la violence. Ces subventions ont alimenté la neutralité bienveillante de nombreux protestants des quartiers est, qui sont peu à peu devenus les citadins les moins politisés. Ils sont, par exemple, des milliers à n'avoir jamais mis les pieds dans l'ouest de Belfast, dans les quartiers catholiques. De plus, la manne venue de Londres a quelque peu atténué les effets de la disparition de ce qui a toujours fait l'orgueil de "Belfast-Est" : les gigantesques chantiers navals, où ne planent plus aujourd'hui que les fantômes du passé. Le dock dans lequel a été construit le Titanic est aujourd'hui un méchant terrain vague, envahi par les mauvaises herbes, les flaques d'eau et les cabanes à outils rongées par la rouille. Par une journée pluvieuse et froide, je n'y ai croisé qu'une seule âme qui vive : une femme qui fumait sa cigarette à l'entrée de l'un des rares bâtiments encore occupés. L'industrie navale, qui à la grande époque employait des dizaines de milliers d'ouvriers, ne rassemble guère aujourd'hui plus de 200 personnes. C'est pourtant dans ces chantiers que les protestants d'ici se sont forgé leur image de travailleurs acharnés et farouchement indépendants. Mais, depuis des années, la conscience protestante et unioniste s'étiole irrémédiablement, et cette communauté a eu bien du mal à retrouver ses marques après avoir perdu une grande partie de son pouvoir économique et politique. Samson et Goliath, le nom de baptême des deux gigantesques grues jaunes qui jadis dominaient ces chantiers navals prospères, se dressent désormais au beau milieu d'un champ de ruines.

Elles continueront toutefois de faire partie intégrante du paysage urbain, car les autorités locales veulent les préserver et en faire les monuments symboliques de la grande époque industrielle. Les édiles espèrent faire de ce site un lieu aussi important pour l'avenir de la ville qu'il l'a été pour son histoire, et ont mis en place un important programme de modernisation de ce "quartier du Titanic" - car Belfast reste étrangement fière d'avoir construit le paquebot au sinistre destin. Aménager ces quelques hectares à l'abandon pour en faire une ville moderne promet certes d'être une tâche titanesque, précisément, mais le long du fleuve les promoteurs ont d'ores et déjà construit des immeubles futuristes sur d'autres lotissements, où certains appartements s'arrachent à près de 250 000 livres [348 000 euros]. Deux grands centres de loisirs ont déjà été bâtis : le Waterfront Hall et l'Odyssey Centre, où l'équipe locale de hockey sur glace, les Belfast Giants, attire la foule. Belfast-la-Neuve côtoie la vieille ville. Le Waterfront Hall, tout de verre et de métal étincelant, se trouve juste en face du palais de justice, encore aujourd'hui protégé par une enceinte ingénieusement conçue pour atténuer le souffle des bombes. Cette merveille technique n'a pas servi depuis des années, mais quelques incidents isolés viennent parfois rappeler aux habitants du quartier de sombres souvenirs. De l'autre côté du fleuve s'étire Short Strand, une enclave impénétrable qui fut en 2002 le théâtre de violents affrontements religieux. En 2003, des artistes ont profité d'un été d'accalmie pour monter une exposition sur cette frontière : les portraits de 40 écoliers de la ville, gravés sur une grande plaque métallique, ont été agencés pour former le mot "hope" [espoir]. Au même moment, des couvreurs installaient des tuiles ignifugées sur les maisons de la ligne de démarcation, au cas où les espoirs des enfants ne seraient pas réalisés. Belfast étant ce qu'elle est, les idéalistes cohabitent donc toujours avec des esprits plus circonspects. La plupart des enfants de Belfast fréquentent encore des écoles séparées, mais ils sont tout de même 5 % à être scolarisés dans des établissements mixtes, dont certains ont pris racine dans les quartiers les plus difficiles. D'autres initiatives intercommunautaires fleurissent dans toute la ville, mais passent largement inaperçues. Quelques signes, mineurs mais significatifs, témoignent d'une évolution des mentalités : on a ainsi vu récemment deux agents de police patrouiller devant l'Europa, qui fut jadis l'hôtel le plus bombardé d'Europe. Ce qui rendait ce spectacle exceptionnel était le moyen de locomotion de ladite patrouille : le vélo. Une décontraction que l'on n'avait plus vue au sein des forces de police depuis des dizaines d'années. Il y a peu encore, la police ne se déplaçait qu'en fourgon blindé, à l'épreuve des balles et des bombes. Nos deux hirondelles portaient, certes, un revolver à la ceinture - l'idéalisme étant une fois de plus sagement mâtinée de circonspection -, mais, conformément à la nouvelle politique de détente, le gilet pare-balles avait disparu. Dans les années 60, l'hôtel Europa était en pleine zone de guerre. Aujourd'hui, il abrite un restaurant chic et est entouré d'immeubles de bureaux modernes et chatoyants. Quelques routards s'aventurent parfois jusqu'ici pour s'entre-photographier devant l'entrée de l'hôtel. Sans doute doivent-ils scruter la façade à la recherche de la moindre trace d'éclat d'obus. Peine perdue. Mais d'autres quartiers de la ville demeurent moins avenants. Il y a dans la partie nord de Belfast de nombreux îlots miteux, qui sont secoués pratiquement au quotidien par d'âpres affrontements religieux. Autour de la ville de banlieue de Carnmoney, les loyalistes, qui refusent de voir s'installer de plus en plus de catholiques, ont récemment incendié l'église catholique locale. Ils sont, de plus, responsables de dizaines d'attaques contre des maisons particulières et même de quelques assassinats. Du côté d'Antrim Road, qui rejoint le centre-ville, les autorités se demandent comment sauver le quartier délabré de Shankill, bastion de la ligne dure du loyalisme. Les chiffres révèlent sans complaisance l'ampleur du problème créé par le double fléau de la misère et des organisations paramilitaires. Près de 80 % des chefs de famille et 60 % des jeunes de moins de vingt-quatre ans n'ont aucun diplôme. Ici, on ne boit pas de dom-pérignon et nombreux sont ceux qui se droguent. Ce quartier n'a touché aucun dividende de la paix - au contraire, en fait, puisque depuis quelques années les chefs des organisations paramilitaires se sont rabattus sur ces fiefs, où ils se livrent au trafic de drogue, s'entre-tuent et contraignent des centaines de familles à quitter leur foyer. A la morosité du Shankill protestant fait vite place l'énergie bouillonnante du quartier catholique de Falls, résolument tourné vers l'avenir. Cela transparaît dans les fresques murales, qui offrent un aperçu de l'état d'esprit prévalant ici. "Les fresques républicaines ont radicalement évolué", explique Bill Roston, journaliste qui connaît bien l'Irlande du Nord. "Les fusils s'y font plus rares, sauf lorsqu'elles sont réalisées à la mémoire des morts républicains. Mais, comme chacun le sait, on dresse toujours des monuments aux morts lorsqu'une guerre est finie." Les républicains ont laissé les "troubles" derrière eux pour s'engager dans de nouvelles activités, à commencer par la politique. L'exemple de Paul Butler est éloquent : ce candidat du Sinn Féin aux élections provinciales du 26 novembre dernier se bat pour reconvertir en musée la prison désaffectée de Maze [près de Lisburn], où lui-même a passé quinze ans derrière les barreaux, pour le meurtre d'un policier. "Je veux que mes enfants puissent la visiter et tirer la leçon des erreurs du passé. C'est une autre façon de tourner la page sur tout ce conflit", estime-t-il.


21 novembre 2005

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